lundi 28 juillet 2008

Surfant sur un steak


Avertissement : les lignes qui suivent n’ont aucun degré d’objectivité. J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne vois pas comment me détacher de l’histoire que cet album a écrit dans mes vieilles pages. Il n’est pourtant pas le seul. A cette époque, que je peux étirer entre 1994 et 1997, nombre de disques de qualité furent publiés, y compris par de nouvelles têtes marquantes.

Alors pourquoi celui-ci engendre-t-il plus de nostalgie ? Pourquoi fait-il à la fois office d’atout et de roi de cœur ?

Sans doute parce qu’à cette époque dominée par la noisy, il affirme nos goûts et confirme nos avis. Après un album lumineux (Never So Close, fortement typé Anglais qui pleure sur ses Docs), les Welcome (pardon, Welcome To Julian, décidément) partent pour New-York se faire produire par Nick Sansano, le metteur en son de Sonic Youth et de Public Enemy. Ah ah, exit la noisy. L’album se frotte aux grands, sonne parfois rap, parfois folk, se permet d’être violent, sec, efficace, direct, groovy. « Se permet » car sur cet ultime disque, Welcome To Julian ne s’embarrasse pas de l’humilité souvent mal placée des groupes français. Avec raison. Aucun titre n’est faible ou maladroit. En suivant Sloy et les Thugs dans ce disque urbain et métallique, ils conservent néanmoins leur clarté.

Sans doute aussi parce que leurs concerts sont à la hauteur de leurs compositions. Ils nous motivent, deviennent des exemples. D’ailleurs ne tournent-ils pas avec leurs amis les Little Rabbits, le groupe qui a bercé nos premières grilles de guitare ?

Enfin, sans doute parce que ce Surfing On A T-Bone n’arrête pas de tourner et s’imprimera ainsi indélébilement dans notre vie. Bonus : malgré les années, il ne vieillit pas.


2 commentaires:

Lightnin' Bubble Mc Rainbow a dit…

La première fois que j'ai écouté ce disque, c'était en 1994.

La seconde, en 2008, grâce à toi mon Jyrillou. Cimer poulet

Reddef a dit…

Encore un exemple flagrant de la qualité de la scène française passé à l'as....