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jeudi 9 octobre 2008

Presse-Musique 2 (octobre 2008) - VIBRATIONS: perte de signal.

Comment ce canard caquetant plutôt fier s'est-il retrouvé ainsi le bec dans l'eau ? Enfin un canard... en voilà un qui ressemble plus à un pigeon déplumé désormais; ils ont beau le tremper tous les mois dans le pot de peinture World, rien à faire, plus très vigoureuse la bête. Cette histoire - ce slogan - selon laquelle "plus une musique est métissée plus elle est belle" - forcément - commence à s'user d'elle même - limite à nous péter les glaouïs, si je puis m'exprimer ainsi.

Il y a quelques années, le mag VIBRATIONS étonnait par son éclectisme intelligent. On ne snobait pas le mainstream tout en gratouillant du côté des marges. Même si le rock le plus musclé n'a jamais été fortement plebiscité (contrairement au Hip-Hop), du moins laissait-on parfois sa chance à l'expérimental, aux curiosités soniques de nombreuses coteries. Florent Mazzoleni, en spécialiste, causait vieille soul ou néo-folk avant tout le monde. Phillipe Robert osait même les radicalités drones - consulter son Best Of de fin d'année conduisait à des découvertes parfois absconses. Las, ces Messieurs ont quitté la bête, M. Robert aligne les ouvrages de référence brillants, et Mister Mazzoleni se consacre principalement aux Black Music éclatantes.

Il demeurait encore il y a peu une raison de ne point désespérer, à savoir les papiers furieux de Gilles Tordjman, cet homme, affligé par ce qu'il nomme "l'autisme critique", un sniper, un type qui n'hésitait pas à rapprocher le clavier de Scarlatti au manche de Jimi Hendrix. Au regard du reste de la rédaction mollusque, Tordjman prenait la dimension de terroriste du verbe.

Que reste-il de nos amours ? Un panorama de musiques du monde, électro, dont on vante à longueur de colonne les vertues assimilantes - pas de place pour les rocs et les roulis, pour les dressés fiers, les anormaux. Du lait fraise, une vitrine d'agence de voyage en chansons pour oreilles pas si bêtes mais assoiffées de lisse. VIBRATIONS est une parution Suisse, elle ressemble désormais à cette bourgeoisie hélvétique ne jurant que par le voyage géographiquement lointain, ultime et unique forme de culture.

Une division de mes bataillons sensibles m'empêche cependant de ne produire qu'une méchante bile sans donner en sus une ou deux pistes optimistes. Intéressez-vous donc au travail des journalistes cités plus haut, consultez d'anciens numéros. Et puis il a ces deux petits îlots, toujours disponibles à ce jour: la chronique américaine de John Lewis, et le billet de Jackie Berroyer, qui l'air de rien, balance parfois en fin de chronique une référence discographique particulièrement iconoclaste; son dernier exploit en date : parler du nouvel album d'Albert Marcoeur, surnommé parfois le Zappa français - plutôt trempé dans le Rock In Opposition en vérité - expérimentateur de l'élasticité des mots et d'étranges échos.

*Un peu plus vif que le magazine lui-même: le Site de VIBRATIONS
*A écouter, Albert Marcoeur
*A Lire, les ouvrages de Philippe Robert: Rock, Pop, Un Itinéraire bis en 140 albums essentiels - Musiques expérimentales, une anthologie transversale d'enregistrements emblématiques - Great black music, un parcours en 110 albums essentiels -

mardi 16 septembre 2008

Presse-Musique 1 (septembre 2008)

Né sans internet, je fais partie des gros ringards qui consultent encore la presse musicale papier. Nonobstant la crachat du branché/copié/décalé qui m'assène régulièrement que tout se joue sur la toile (ouaaah!), mais aussi agacé par le jeune qui a tout assimilé à 17 ans de l'histoire du rock, de ses marges et qui pontifie à n'en plus finir - il connaît l'heure et le temps qu'il faisait lors de la session mythique (non pas celle-là, l'autre, la vraie, celle pendant laquelle ils ont vraiment trouvé leur son) , il sait aussi faire l'analyse sociologique complète de l'ère Post-Punk (bien entendu, il a lu tout ça en VO sur le net).

Bref, malgré le désaccord profond des cyber-briseurs de couilles menue, parlons papier.

Les Inrocks, c'est chaque semaine! C'est quand même bien, hein, les gars, on nous a trouvé un équivalent culturel à ELLE (sans les pages lingeries, c'est dommage), son Kilo de pub, son shopping éclairé, son incroyable insolence. Bon, bon, j'ai bien précisé préalablement que les Inrocks c'était mauvais, donc puis-je me permettre de sauver quelque chose de ce naufrage hebdomadaire ? Il y a ce chroniqueur, vous verrez rarement les groupes qu'il soutient en couverture, et il se nomme Stephane Deschamps. Titulaire d'on ne sait quelle carte-blanche (couche-t'il avec le boss JD Beauvallet ?), il s'obstine à scribouiller régulièrement sur moult pépites roots, souvent au rayon corde grattée. Cette semaine (en tout petit dans un coin), le gars nous présente le totalement plouc Glen Campbell. Un genre de trou du cul blanc qui a fait mousser du sucre country pop façon orchestrale dans les années 60. Après Johnny Cash, Neil Diamond, Bobby Bare, et j'en passe, voilà donc un has-been de plus qui tente un retour, mais tentant la dignité, et misant gros sur la reprise (John Lennon, Le Velvet Underground, Foo Fighters, Green Day, Tom Petty, Travis...).

A Suivre...