Affichage des articles dont le libellé est Pouet pouet. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pouet pouet. Afficher tous les articles

samedi 25 octobre 2008

La vie sur la planète Groove



Maceo. En voilà un qui, pendant longtemps, n'a enregistré que des disques live. Et, ô oui, à bon escient. Le funk propagé ici n'existe que pour être partagé. Chanté, dansé, au volume maximum, il n'aurait aucun sens si il était confiné dans un studio, sans communion avec un quelconque public. Il faut avoir vu Maceo en concert. En vrai chef d'orchestre, il ne donne pas le la, mais le rythme. Sur un seul geste de la main, tout le monde s'arrête, tout le monde reprend, tout le monde tape dans les mains, tout le monde fait un solo, et tout le public entre en transe. Et ce dès les premières secondes. Il reprend haut la main ce qu'était capable de faire son ancien patron, James Brown en personne.

Des concerts du Godfather, Maceo n'a gardé que la joie. Même si, sur Life On Planet Groove, on reprend Georgia On My Mind, l'émotion y est presque effacée pour n'en faire revivre que la musicalité, car Maceo et sa troupe sont avant tout des musiciens. Pas des chanteurs icôniques : des musiciens qui essaient de rendre leur pulsation publique. Ce qui sort de leurs tripes sont des notes frissonnantes, celles de la sueur, du rythme, pas celles du mystique ou du tire-larmes.

Impossible de rester en place en écoutant ça, impossible même de penser aux tracas, grands ou petits. Ici, aucun luxe, calme ou volupté, tout est égalité - à commencer par les personnes -, tout est danse, tout est fête. Ici, sur la planète Groove, rien d'autre n'est accepté. Remuez tout ce que vous avez.


mercredi 23 juillet 2008

Au coin


Les vacances. Vous avez posé les bagages, rempli le frigo, organisé les chambres, préparé la bouffe, c’est l’heure de l’apéro près de la piscine. Pour pouvoir tranquillement discourir et raconter des conneries, On the Corner s’installe en bande-son festive. Lorsque soudainement, les percussions métalliques et la guitare funky de John McLaughlin donnent envie de se trémousser, entre verres et éclats de rire. Quelqu’un dit GPS. C’est quoi déjà ? La nuit tombe, personne ne s’en aperçoit, une énergie inconnue s’empare de toute la bande, à la fois moite et précise, tranchante et pourtant humide, chaude, moelleuse.

Une pause clope s’impose. Ca tombe bien, ces tablas qui déboulent en introduction de Black Satin. Mais bon, l’heure est à la fête, c’est reparti pour une mélopée endiablée, sortie d’un rite vaudou, la magie empeste, en moins de temps que l’idée ait germée, vous vous retrouvez à patauger en slip. Aucune importance, tout le monde en est là.
D’où provient cette insouciance terrible, qu’arrive-t-il à mes muscles ? Comment James Brown a-t-il perdu la voix, transformée en plainte cuivrée, étendue à l’infini, rebondissant sur un rythme faussement régulier ?

Le disque est fini depuis longtemps. Pourtant il résonne encore. Il encercle la table, il tape au creux du ventre, il a pris le pouvoir, il fait copuler le blanc, l’indien, l’africain, la rue, le club, la fumée, la viande, le cri, le métal. Sans aucun heurt.

Au retour, On the Corner re-tourne sur une platine quelconque. Révélation : Miles fait revenir l’été. Il l’a capturé.